Une ferme oui mais philosophique !

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La bouche à oreille se poursuit et nous permet de découvrir de belles initiatives. Loin des grandes villes et du « vivre à 100 à l’heure », Elise et Guilhem, elle artiste peintre, lui anciennement enseignant, ont décidé d’installer dans une petite commune de Lozère de moins de 200 habitants, au cœur des Cévennes, leur ferme philosophique. Curieuse dénomination et situation géographique idéale, MMazette a voulu en savoir plus. Rencontre avec Guilhem, co-fondateur de cette ferme en permaculture.

Ce sera un lieu où le paysan devra être philosophe et le philosophe paysan.

Dans cette ferme philosophique, vos vacances rimeront avec activités physique et cérébrale. L’endroit est pensé pour penser, créer du sens et accompagner le quotidien d’explications théoriques et de débats philosophiques. Elise et Guilhem ont un but : redonner du sens a chacun des actes réalisés !

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Allons-nous philosopher dans votre ferme « philosophique » ?

Guilhem : Nous voulons  cultiver la terre avec une attitude « philosophique ». Prendre le temps d’observer les éléments, de connaitre chacun des comportements naturels ainsi que les besoins, pour créer un cadre de vie dans lequel nous interviendrions le moins possible. Nous souhaitons apprendre à « laisser être » dans un souci de respect des éléments naturels. Développer une agriculture avec une conscience dans l’esprit de la permaculture et de l’agriculture naturelle. Nous voulons aussi développer une philosophie paysanne : accueillir du public, proposer des séjours d’éducation à l’environnement selon une méthode particulière: l’immersion pleine nature alliée à la participation aux travaux des champs. L’idée est bien de faire de la philosophie, de penser à nouveau la Nature, de se reconnecter au vivant en apprivoisant les gestes adéquats pour cultiver de manière respectueuse et ressentir les bien-faits de la nature.

Quel a été l’élément déclencheur pour passer de l’Université à la ferme ?

Guilhem : J’ai réalisé que notre méthode d’enseignement académique et notre système ne permettent pas d’être efficace. Je travaillais sur le développement durable et la transition écologique et j’ai compris que rester assis sur une chaise ne permet pas de faire évoluer les consciences, ni d’être confronté aux éléments naturels. J’ai voulu me lancer, m’immerger, aller plus loin « into the wild »  pour fonder ma propre expérience et par la suite être en mesure de transmettre autour de moi ces acquis.

Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui rêvent de se lancer ?

Guilhem : Être véritablement à l’écoute de soi-même. Les projets que l’on forge sont souvent ceux qui nous correspondent intimement. Il faut rester à l’écoute de ses envies et ne pas s’installer dans la comédie sociale qu’on nous propose.

Comment réagissez-vous face à notre société actuelle ?

Guilhem : Nous consommons trop pour combler un vide existentiel. L’argent est le bien suprême, on se focalise sur le travail en faisant le choix d’activités qui « rapportent », on méprise la vie affective, et on évolue dans un environnement artificiel où l’on n’est plus du tout en contact avec le cosmos. Je pense que nous devrions vivre plus proche de l’essentiel afin d’effacer les besoins superflus. Selon moi, la question écologique est véritablement une question de mode de vie.

La ferme philosophique sera t-elle un endroit pour évoluer individuellement ?

Guilhem : Oui sinon je ne ferais pas l’effort. Notre ferme en permaculture doit offrir une nouvelle image de l’humanité et du bonheur. En vivant l’expérience chaque visiteur devrait se questionner sur son propre mode de vie. C’est aussi cela l’intérêt des « oasis » – terme de Pierre Rabhi- : donner à voir un mode de vie alternatif, où la hiérarchie des valeurs est autre, et dans lequel l’humain peut s’épanouir. Je sais que ces exemples personnellement m’ont inspiré et m’ont aidé à passer à l’acte, en me montrant que c’était possible.

Ces lieux peuvent avoir une vertu éducatrice : permettre au public d’aller à la rencontre de la nature, en faire l’expérience, éprouver véritablement le vivant. Cela peut contribuer à faire évoluer la représentation du monde, et à créer en conséquent un mode de vie propre à chacun.

Mmazette vous offre sa baguette magique, que faites-vous ?

Guilhem : je demande à ce que soit créé le plus beau spectacle que les hommes aient jamais vu pour voir à quel point le monde est merveilleux, le phénomène de la vie miraculeux, l’existence divine. Un spectacle que nous garderions constamment en tête avec cette vision de la splendeur ancrée en nous, présent dans chacune de nos sphères quotidiennes.

Alors si l’envie d’air frais et de paysages Cévenol vous prend, si vous souhaitez prendre soin des animaux, jardiner, cuisiner les produits de la ferme, dormir sous les étoiles, faire un feu de bois vous baigner dans la rivière le tout agrémenté de discussions philosophiques rendez-vous sur leur page Facebook pour suivre l’évolution du projet.

Alors conquis/es ?

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