Il était une fois un train en retard…

communication non violente

Un jour j’étais sur le quai d’une gare et j’attendais mon train. J’étais dans une humeur « observatrice » prête à cueillir tous les enseignements que cette journée allait m’offrir. Et je ne fus pas déçue.

A peine arrivée, j’entends une annonce qui nous informe que le train a 10 minutes de retard… L’impact ne se fait pas attendre.

A ma gauche un jeune garçon, collégien ou lycéen, explose de joie et dégaine immédiatement son téléphone pour annoncer à un de ces amis « le train galère, et tu sais c’est pas la peine que je tente, au bahut c’est l’enfer pour entrer quand on est en retard, je te rejoins chez toi, on va finir la partie ». Et le voilà détalant, le visage baigné d’un sourire lumineux.

A ma droite, quasiment dans la même temporalité, un homme en costume (à noter qu’il ne s’agit pas de clichés vestimentaires volontaires de ma part et bien de la réalité de l’observation) lui aussi sort à toute vitesse son téléphone mais ce n’est pas la même chanson. Il éructe « c’est pas possible, mais quel enfer, bande d’incapables, voilà ce retard c’est la catastrophe avec les réunions qui s’enchainent là ça fout tout en l’air, va falloir que je prenne un taxi dans la journée pour rattraper le retard et avec les embouteillage parce qu’en plus c’est le b**** dans cette ville, je suis foutu… ».

Et un peu plus loin, au bout du quai, un couple s’assoit tranquillement sur un banc et sort un guide de la ville de destination pour commencer à regarder ensemble et calmement ce qui leur ai proposé. Je fais la supposition que ce sont des touristes qui utilisent ce moment pour affiner leur programme, visiblement indifférents à la situation.

‘Stay calm’ et fais la différence entre stimulus et cause

Même événement, trois réactions différentes. Et quelles différences! De la JOIE pour le jeune garçon, de la COLERE pour l’homme, du CALME pour le couple de touristes.

Donc il est inadapté de dire que c’est à cause de la situation, c’est à dire du retard, que chacun et chacune est dans cet état. Sans quoi une même situation entrainerait le même résultat. Ainsi quand je marche sous la pluie, sans chapeau, ma tête est bien mouillée A CAUSE de l’eau de pluie. C’est une expérience, dans ces conditions, commune à tous les êtres humains quels qu’ils soient. Et force est de constater que l’impact du retard du train n’est pas partagé par tous. Donc le STIMULUS, le retard, n’est pas la CAUSE de l’état émotionnel de chacun, chacune.

Je suis responsable !

Si ce retard se reproduit le jour où le jeune collégien a un examen extrêmement important, il prendra certainement la place de l’homme d’affaires dans la catégorie « en colère ». Si l’homme d’affaires, ce même jour, est en simple ballade, il pourra cultiver le calme des touristes indifférents à 10 minutes de retard… Seulement!

Je suis responsable de ce que je ressens, de ce que je pense, de ce que je dis, de ce que je fais. Cela ne signifie pas forcément que je fais, dis, agis toujours en conscience cependant ce que je pose est de ma responsabilité. Il ne s’agit pas ici de notions juridiques mais bien d’une proposition qui me rappelle que c’est moi qui aie les mains sur les manettes et c’est moi qui peux agir pour vivre autre chose.

Selon ce que je vis dans l’instant, selon la façon dont j’ai organisé ma journée, selon les interprétations que j’ai d’une situation, les attentes, les fantasmes, l’état émotionnel du moment, un événement peut avoir un impact différent sur moi. Et dans strictement les mêmes conditions une autre personne pourra aussi le vivre différemment… Donc ce n’est pas l’événement qui est à l’origine de ma réaction, de mes mots, de mon attitude mais bien moi et seulement moi avec tout ce que je me « trimballe » dans l’instant.

Attention, cela ne signifie pas « être d’accord »

Et bien oui, ça ne signifie pas que je suis forcément d’accord avec ce qui se passe. De façon générale, il est à noter que cet enjeu d’être d’accord ou pas d’accord n’a pas beaucoup de sens. Etre d’accord ou pas avec un retard de train c’est assez stérile…

Par contre si je vis une interaction avec quelqu’un-e que je juge déplaisante, prendre la responsabilité de mon état ne signifie pas que je suis OK avec son comportement. Cela signifie simplement que la façon dont je réagis est de ma responsabilité. Je sors de la logique classique de considérer l’autre, l’extérieur, le monde, l’univers comme responsables de mon état. Je retrouve mon pouvoir d’agir et de faire des choix.

Pour bien ancrer ce concept, allons plus loin avec l’exemple du retard. Je vous propose de voir ce que cela vous fait lorsque vous avez un rendez-vous et que la personne que vous attendez arrive en retard. Pour certain-e-s 5 minutes c’est insupportable, pour d’autres c’est à partir de 20 minutes que l’on peut parler de retard et encore ce type de souplesse peut changer du tout au tout si le retard a des conséquences graves sur le travail ou la vie personnelle… Et pourtant ce sont toujours les mêmes temporalités…

Bonne expérimentation !

Maintenant que vous connaissez cette différence entre stimulus et cause, observez-vous réagir à des événements, notez vos réactions et demandez vous ce qui vous a « réellement » stimulé. Vous allez découvrir à quel point vous avez finalement le pouvoir de vous organiser une vie plus douce et plus fluide quand vous êtes en lien avec ce qui est important pour vous et pleinement responsable de ce que vous êtes. La voie royale qui plus est pour faire, à vous et aux autres, des demandes claires.

Si vous avez envie de partager une anecdote, n’hésitez pas, c’est ici dans les commentaires!

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